De 1609 à 1767, les missions jésuites ont été les témoins de la fusion culturelle des prêtres et des Indiens, et de leur lutte contre l’esclavage.
Aujourd’hui, il reste des ruines classées Patrimoine mondial par l’Unesco. Une visite unique…
Les vestiges des missions jésuites au coeur de la jungle guaraní
Rendues célèbres par le film Mission de Roland Joffé, les « reducciones » (lieux où les indigènes se convertissaient au christianisme) sont une grande attraction touristique pour ceux qui arrivent à Posadas, la capitale de la province de Misiones, avant de se diriger vers les chutes d’Iguazú..
Dans le sud de la province de Misiones, un important groupe de ruines rend compte de l’oeuvre imposante des Jésuites dans cette partie de l’Amérique du Sud. Les plus importantes se trouvent à San Ignacio, à 50 km au nord-est de Posadas. Le circuit des ruines comprend aussi celles de Candelaria, San Javier, Mártires, Loreto et Apóstoles. Restauré entre 1940 et 1950, San Ignacio Miní est l’ensemble le mieux conservé sur le territoire argentin.
La triste fin de l’utopie des missions
Même si les Jésuites avaient fondé des missions au Mexique, en Californie, en Équateur et près du lac Titicaca en Bolivie, ce sont toutefois les colonies guaraníes qui ont été les plus florissantes d’Amérique. Elles s’étendent sur une vaste région comprise aujourd’hui entre l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Les missions ont été les témoins pendant 158 ans (de 1609 à 1767) de la fusion culturelle des prêtres et des Indiens et de leur lutte contre l’esclavage.
En Argentine, la plus connue est San Ignacio Miní, qui dans ses meilleurs années regroupait 4,500 guaraníes vivant selon un système de propriété collective où tout était partagé, échangé et autogeré. Cette aventure a fini par être mal vue par le roi d’Espagne qui a ordonné aux Indiens en 1759 d’abandonner les reducciones. La révolte indienne qui s’en est suivie s’est terminée par un bain de sang et les Jésuites ont fini par être expulsés en 1767. San Ignacio a survécu jusqu’à la guerre des frontières de 1817, date à laquelle le village a été finalement détruit.
Patrimoine de l’Unesco
Une partie des ruines de la mission se trouve dans le nouveau village de San Ignacio. La visite démarre par un musée dans lequel on peut apprécier une maquette de la mission, telle qu’elle était à l’époque. A la sortie du musée, on débouche de plein pied dans l’enceinte du site. Celui-ci était organisé autour d’une place centrale, où se trouvaient le bâtiment administratif et la cathédrale aux dimensions imposantes. Tout autour de la place centrale se dressaient la maison des prêtres, l’école, le réfectoire, les ateliers et les entrepôts ainsi que le cimetière, les potagers et les demeures des Indiens.
Dans un cadre superbe, avec la fôret sub-tropicale en toile de fond, on découvre l’héritage guaraní à partir des dessins d’oiseaux et de fleurs de la région, gravés sur la pierre ocre du temple. Le portail à colonnades, sculpté par des artisans guaranis, est un véritable chef-d’oeuvre.
Ces ruines ont été déclarées Patrimoine Mondial par l’Unesco en 1984.
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