Elisa, une lectrice régulière du blog, a commenté l’article A Pâque les ordinateurs tombent du ciel en Argentine.
Dans son commentaire, Elisa repproche à Cristina Kirchner de s’être comparée à Domingo Faustino Sarmiento lorsqu’elle a annoncé vouloir donner un ordinateur portable à chaque élève.
Mais qui est Sarmiento ?
J’ai supposé que c’était un homme politique argentin qui avait œuvré pour l’éducation des enfants en Argentine, et décidé de tracer un petit portrait de ce monsieur dont tant de places et de rues en Argentine portent le nom.
Curieuse, j’ai cherché plus d’informations sur qui était ce fameux Domingo.
Domingo F. Sarmiento, "padre del aula"
Domingo Faustino Sarmiento a été président de la République argentine de 1868 à 1874.
Son mandat a été marqué par son travail en faveur de l’éducation publique, dont il a fait une de ses priorités.
Quelques unes de ses actions en Argentine :
- Créations de l’École Navale, du Collège Militaire (professionnalisation de l’armée argentine), d’écoles pour l’arboriculture et l’agronomie.
- Ouverture d’écoles primaires dans différentes provinces argentines.
- Intégration de 20 professeurs européens pour l’enseignement des sciences exactes et naturelles à l’Université de Córdoba en 1869.
- Fondation du premier observatoire astronomique du pays à Córdoba, dont la renommée était internationale.
- Mise en place d’études météorologiques en Argentine et création en 1872 le Bureau Météorologique National.
Cette liste est une infime partie des travaux qu’il a réalisés durant son mandat, et qui font de lui un des héros qui participent à l’identité argentine.
Photo : John Flannery
Petite anecdote :
Alejandro Hutton, qui est au football ce que Sarmiento est à la salle de classe, aurait demandé à Domingo Sarmiento l’autorisation d’enseigner le football dans le collège qu’il dirigeait.
Le président argentin lui aurait répondu : “Que aprendan, mi amigo, a las patadas pero que aprendan.”.
Littéralement cela veut dire : “Qu’ils apprennent, mon ami, à coups de pieds mais qu’ils apprennent”, et il y a sans doute un jeu de mots plus fin sur le “a las patadas” qui m’échappent !
2 autres aspects d’intérêt sur Sarmiento :
– Son oeuvre litéraire, en particulier son premier livre “Facundo”, considéré comme un des ouvrages clés de la litérature sud-américaine.
– Son rôle déterminant dans la création et l’essor du Delta du Tigre, où sa maison a été transformée en musée (http://es.wikipedia.org/wiki/Casa_Museo_Sarmiento)
Et une dernière chose aussi, son antiprovincialisme et sa haine du gaucho.
Le Gaucho était pour Sarmiento synonyme de sauvagerie et de barbarie, et devait être exterminé.
En cela il se rapprochait de Jules Ferry, premier fan de la colonisation qui declarait “avoir le devoir de civiliser le races inférieures”… Tout un programme n’est-ce pas?
Un dossier très intéressant sur Sarmiento de Patrick Vermeren du CNRS : http://bit.ly/bnKBmF
Il complète notamment ce qu’ajoutait Hugues sur sa haine du gaucho : “Son gaucho est l’exact contraire de l’homme européen, il s’y oppose comme la campagne à la ville, l’ignorance à la science, le désoeuvrement à l’industrie, la force au droit et à la liberté, c’est-à-dire aux institutions, la barbarie à la civilisation. Il est un pur produit des climats et des lieux, de la nature et des traditions, car pour Sarmiento, suivant en ceci Herder, mais aussi Guizot et Cousin, le milieu physique conditionne les moeurs d’un peuple.”