L’actualité économique a été marquée cette semaine par la parution des chiffres officiels sur le niveau de pauvreté en Argentine.
L’étude a été effectuée par l’INDEC (Instituto Nacional de Estadistica y Censos), l’institut national spécialisé dans le recensement et les statistiques en Argentine.
Cartoneros - Photo : Bertrand Mahé
L’INDEC, dont la crédibilité est régulièrement écornée par les chiffres publiés au sujet de l’inflation en Argentine, annonce une baisse de la pauvreté dans le pays. Difficile d’y croire, non ?
D’après les données récoltées, au deuxième semestre 2009, 5 280 000 argentins vivent sous le seuil de pauvreté, soit 13.2% de la population, deux points de moins qu’à la même période en 2008.
3,5 % des argentins souffrirait de grande pauvreté, c’est à dire 1,4 millions de personnes, 200 000 de moins que le semestre antérieur.
Plus de 4 millions d’argentins n’auraient pas accès aux ressources matérielles basiques comme la nourriture, les vêtements, un logement, etc.
Corrientes, la ville la plus pauvre d'Argentine Photo : Délirante bestiole [flying foxy]
L’étude a été réalisée dans 31 agglomérations situées dans tout le pays.
Dans le Grand Buenos Aires (el Conurbano : 24 zones autour de Buenos Aires), la pauvreté serait de 14,7 %, contre 6,1 % dans la capitale fédérale.
Le nord de l’Argentine est la partie du pays la plus touchée par la pauvreté.
La ville de Corrientes détient le triste record de la ville la plus pauvre du pays. Un quart de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté.
D’autres chiffres sont disponibles dans l’article (en espagnol) “Pour l’INDEC, la pauvreté et l’indigence continuent à diminuer dans le pays“, sur le site de Clarín.
Il est important de signaler que la ligne éditoriale du très puissant Clarín est en forte opposition au gouvernement des Kirchner.
Selon l’INDEC, les chiffres sur la pauvreté en Argentine du deuxième semestre 2009 sont les plus bas depuis 2003, et le recul de la pauvreté devrait se poursuivre grâce l’Allocation universelle par enfant mise en place depuis décembre dernier.
Malheureusement, il semble que la plupart des acteurs privés ne croient pas à la baisse que montre ces chiffres.
Les doutes viennent de la situation instable de l’institut INDEC marqué par des “interventions extérieures” – comprendre le contrôle des chiffres par le gouvernement – depuis 2007.
D’après plusieurs consultants d’Equis ou d’Ecolatina, le seuil de pauvreté en Argentine avoisinerait 30 %, bien loin des 13,2 % officiels.
Quelle que soit la crédibilité des chiffres officiels (que ce soient ceux-ci ou ceux de l’inflation), la pauvreté en Argentine touche beaucoup trop de monde…
La nécessité absolue d’associations comme Los Pibes del Playon est d’une inquiétante actualité.
En France, 13,4% de la population vit sous le seuil de pauvreté (Source INSEE)
Bonjour,
On doute beaucoup de la crédibilité des chiffres officiels.
La pauvreté dans mon pays est en forte croissance.
Amitiés
Elisa, Rosario, Argentine
“Plus de 4 millions d’argentins n’auraient pas accès aux ressources matérielles basiques comme la nourriture, l’accès à la pauvreté,…” et oui les pauvres!
Oups… j’avais pas vu ! Merci pour la remarque. Je corrige de ce pas !