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L’État argentin condamné face à Suez Environnement

Le 30 juillet der­nier, le Centre inter­na­tio­nal pour le règle­ment des dif­fé­rends rela­tifs aux inves­tis­se­ments () a mis Suez Environnement hors de cause, condam­nant l’État argen­tin à ver­ser une indem­nité au groupe fran­çais.
Le mon­tant de cette indem­nité sera déter­miné plus tard mais Suez a réclamé 1,2 mil­liard de dol­lars (900 mil­lions d’euros) de dom­mages et intérêts.

L’affaire

Depuis 2006, Suez Environnement et l’Argentine s’opposent dans un conflit, qui a fait le tour du monde, autour de la ques­tion de la de l’eau en Argentine.

  • En 1993 le pré­sident décide de pri­va­ti­ser le ser­vice de l’eau.
    Il l’attribue en conces­sion à Aguas Argentinas, détenu majo­ri­tai­re­ment par le groupe fran­çais Suez. Ce contrat est alors signé pour une durée de 30 ans et com­prend la dis­tri­bu­tion et l’assainissement de l’eau des villes de Buenos Aires et de Santa Fe.

Photo : Patricio Remott

  • En 2001 la crise écono­mique argen­tine déva­lue le peso et ruine la ren­ta­bi­lité du contrat : Aguas Argentinas doit emprun­ter en dol­lars mais per­çoit ses recettes en pesos.
    La société réclame donc au une aug­men­ta­tion de 10% du prix de l’eau pour pou­voir tou­cher des béné­fices, mais le de refuse et décide alors de natio­na­li­ser à nou­veau le ser­vice de l’eau rom­pant ainsi le contrat entre l’Etat argen­tin et Suez Environnement.
    Jean-Louis Chaussade, direc­teur de Suez, se sou­vient :
    “Le prix du mètre cube était pour­tant l’un des moins chers d’Amérique latine et ne pas rému­né­rer notre tra­vail empê­chait d’investir pour rac­cor­der de nou­veaux foyers. Ce sont donc les plus pauvres, ceux qui n’ont pas été rac­cor­dés et devaient faire appel à des por­teurs d’eau, qui ont payé le prix fort.”

Le dénoue­ment

Le – Cour arbi­trale qui tranche les conflits entre les états et les socié­tés pri­vées – a donc rendu une déci­sion favo­rable à Suez à pro­pos de la rup­ture du contrat.

“Cette déci­sion est, pour nous, une recon­nais­sance de l’énorme tra­vail que nous avons accom­pli au cours des treize ans de la conces­sion, de 1993 à 2006, et dont nous sommes très fiers, raconte M. Chaussade. Nous étions par­ve­nus, dans des condi­tions dif­fi­ciles, à des­ser­vir en eau potable 2 mil­lions d’Argentins et à en rac­cor­der 1 mil­lion au ser­vice d’assainissement, en construi­sant et réno­vant 8 000 km de réseaux.”

La déci­sion du est sans appel, néan­moins, l’État argen­tin va tout faire pour trou­ver une manière de la contes­ter.

Suez rem­porte la bataille de l’eau en Argentine
Source : LeMonde​.fr, 04.08.2010

Suez a, depuis cette affaire, modi­fié ses pra­tiques dans les pays émer­gents “où le droit n’est pas fixé”, selon M. Chaussade : “Nous pré­fé­rons pro­po­ser des contrats de pres­ta­tion de ser­vices, sur des durées plus courtes, de cinq à sept ans, sans avoir à inves­tir direc­te­ment, comme à Alger.

Lire la suite de l’article sur le site LeMonde​.fr

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