Atahualpa Yupanqui est le pseudonyme de Héctor Roberto Chavero Arambur, un des plus grands chanteurs, guitariste et écrivain argentin.
On le considère en Argentine comme le plus important musicien de folklore. Grand nombre de ses compositions ont été reprises par des interprètes célèbres : Mercedes Sosa, Les Chalchaleros, Horacio Guarany, Jorge Cafrune, Alfredo Zitarrosa, José Larralde, Víctor Jara, Ángel Parra, Jairo, Andrés Calamaro, Divididos et Marie Laforêt.
La jeunesse d’Atahualpa
Héctor Roberto Chavero Aramburo est né le 31 janvier 1908 dans la Province de Buenos Aires à Pergamino. Il naît dans le village d’Agustín Roca oú son père était employé ferroviaire. Il grandit au rythme de la vie rurale et s’intéresse de bonne heure au monde de la musique, aux chants des paysans et de leurs guitares.
Atahualpa Yupanqui
Il commence à prendre des cours de guitare avec le maître Bautista Almirón, et tombe définitivement amoureux de cet instrument. Sa vocation est née. Cependant le manque d’argent, les déménagements de sa famille, les tournées en concert d’Almirón ne lui permettent pas de suivre des études constantes et complètes.
Peu l’importe, il persiste et commence aussi à faire connaitre ses poèmes qu’il signe alors du pseudonyme d’Atahualpa Yupanqui qui signifie « qui vient de loin pour raconter quelque chose ».
La vie engagée d’Atahualpa
En 1930, Atahualpa commence une série de voyages à Jujuy, en Bolivie et dans les Vallées Calchaquies. Il parcourt aussi la province d’Entre-Ríos.
Il participera au soulèvement des frères Kennedy qui aboutit à un échec et l’oblige à s’exiler en Uruguay. Il passe alors à montevideo puis monte dans le sud du Brésil.
En 1934, il rentre en Argentine et s’installe dans la Province de Tucumán. Mais peu de temps après repart pour Santiago del Estero puis Catamarca, Salta et Jujuy.
Il passe aussi plus tard par l’Altiplano à la recherche des vielles cultures aborigènes.
Au début des années 40 il se marie avec María Martínez. Mais le couple se sépare peut de temps après. Alors c’est à Cordoba qu’il fait connaissance avec Paule Pepin Fitzpatrick, dite « Nénette » qui sera sa compagne et collaboratrice musicale jusqu’à la fin de sa vie.
La même année il édite son premier livre « Piedra sola » (pierre seule).
En 1944 pendant une autre de ses excursions dans les provinces du Nord-Est il crée El arriero. Puis il quitte sa ville de Raco (Province de Tucuman), épisode qui donne naissance aux fameuses zambas : Adiós Tucumán et La Añera (1946).
Faisant face au régime militaire triomphant, de 1946 à 49, il est persécuté, proscrit et emprisonné. En 1950 il passe en Uruguay puis s’exile en Europe.
À Paris, Edith Piaf lui donne alors l’opportunité de partager une scène. À partir de là, il réalise de nombreuses tournées sur le vieux continent.
Il rentre à Buenos Aires en 1952. Mais à cause de ses oeuvres littéraires et musicales engagées et critiques de la politique de l’époque, il est expulsé du Parti Communiste.
Il passe après cela plusieurs années alternant entre ses résidences de Buenos Aires et de Cordoba.
En 1963-64 il entame une longue série de voyages en Colombie, Japon, Maroc, Egypte, Israël, Italie.
Puis en 1967, il fait des tournées dans toute l’Espagne et s’installe presque définitivement à Paris avec des retours réguliers en Argentine mais de moins en moins fréquents, suite à l’installation de la dictature militaire en 1976.
C’est en 1979 qu’il rentre vraiment au pays, et restreint ses présentations en Europe pour raisons de santé.
En 1986 la France le décore de l’Ordre des Arts et des Lettres.
En 1987 il reçoit en Argentine l’hommage de l’Université de Tucumán.
En 1989 il doit être hospitalisé à Buenos Aires suite à une défaillance cardiaque, mais participe tout de même au Festival de Cosquín en janvier 1990.
En novembre 1990 meurt Nénette.
Il retourne en France en 1992 pour un spectacle à Nîmes mais il est victime d’un malaise et décède le 23 mai.
A sa demande, son corps est rapatrié à Cerros Colorados (province de Cordoba).
Il laisse d’innombrables oeuvres au répertoire du folklore argentin et aura publié les oeuvres suivantes : Piedra sola (1940), Aires indios (1943), Cerro Bayo (1953), Guitarra (1960), El canto del viento (1965), El payador perseguido (1972) y La Capataza, (1992).
Photos issues de Wikimedia Commons
No Responses (yet)
Stay in touch with the conversation, subscribe to the RSS feed for comments on this post.