Portrait d’un gaucho
La vie équestre, l’alimentation carnivore, les rudes intempéries, les vents toniques de l’océan et de la Pampa l’ont façonné maigre, dur et agile.
Le désert et la solitude l’ont fait taciturne et silencieux.
La liberté et l’abondance l’ont fait hautain mais hospitalier et loyal.
Du conquistador il aura reçu le cheval et la guitare.
De l’indien, le poncho, le bandeau, le maté et les boleadoras.
Son langage mélange l’espagnol archaïque à des éléments indigènes auxquels s’ajoutent quelques notes portugaises et africaines.

Le gaucho d’hier à aujourd’hui
Tout commence à la fin du XVIIIème siècle dans la Pampa argentine où apparaît la figure du gaucho. À l’origine c’était un métis hispano-indien rejeté par la société.
Il devint alors le symbole de l’homme libre, qui vit en marge de toute légalité et qui se moque des conventions.
Aujourd’hui il n’existe plus de vrais gauchos illustrant le mythe de l’homme sombre et solitaire parcourant les grandes plaines argentines. Néanmoins le terme de gaucho désigne toujours le paysan argentin, excellent cavalier, vivant de l’élevage (bovin et ovin) et des activités économiques et culturelles dérivées (consommation de viande et utilisation du cuir).
Le plus souvent on le distingue par ses vêtements et outils. Il porte généralement une bombacha ( pantalon traditionnel en toile, resserré à la cheville), un tirador (large ceinture) et aussi une boladora (lasso argentin) et un facon ( couteau traditionnel).

Le mythe du Gaucho
La culture argentine souligne avec beaucoup de force l’image mythique du gaucho de la Pampa. Son rôle dans l’histoire du pays ( acteur de nombreuses guerres d’indépendance et civiles) ainsi que dans la littérature gauchesca ont contribués à édifier cette image.
Comme exemple incontournable, le fameux livre “El Gaucho Martín Fierro” vu comme “la Bible Gaucha”.
Ce poème de José Hernández écrit en 1872–1879 tient son originalité dans sa transcription phonétique du “parlé” des gauchos et la défense de leur cause.
À l’époque les gauchos étaient enrôlés de force dans l’Armée Nationale. Or, obéissant uniquement à son désir de liberté, le héros du poème, Martín Fierro, refuse de se soumettre aux chefs militaires l’obligeant à fuir et à se réfugier dans les terres indigènes.
Grâce à ce texte épique et poétique qui défend la cause gaucho ces derniers cesseront d’être vus comme des personnes anti-sociales et “hors la loi”. Ils auront gagné ainsi leur image de héros national argentin.
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