Le gouvernement de Cristina Kirchner a demandé mardi « l’inculpation de la propriétaire et du directeur général de Clarin, Ernestina Herrera de Noble et Hector Magnetto, et du directeur de La Nacion ». Cette plainte concerne l’acquisition d’une fabrique de papier journal, Papel Prensa, durant la dictature militaire argentine. Le gouvernement affirme « que les délits dont ont été victime les anciens actionnaires de Papel Prensa doivent être qualifiés de crimes contre l’Humanité et sont donc imprescriptibles ».
Les journaux concernés ont réagis en dénonçant une tentative du pouvoir de contrôler la presse qui clame ouvertement son opposition : « Cette nouvelle attaque est la preuve que le gouvernement a la volonté de mettre sous contrôle tous les médias qui critiquent le discours officiel » ont déclaré La Nacion et Clarin dans un communiqué conjoint. Le gouvernement « viole les lois et les garanties constitutionnelles », ont-ils ajouté, en soulignant qu’aucun délit n’avait été commis dans l’acquisition de Papel Prensa »
Cristina Kirchner
De son côté, le Secrétariat aux Droits de l’Homme a « porté plainte dans l’affaire du lien entre la vente illégitime de l’entreprise Papel Prensa et des délits de lèse humanité ». Cette plainte concerne également les militaires responsables du coup d’Etat de 1976, son ministère de l’Economie ainsi que d’anciens responsables du journal La Razon.
La polémique concernant l’entreprise Papel Prensa a commencé fin août, lorsque Cristina Kirchner avait accusé Clarin et La Nacion (ouvertement anti-Kirchner) d’avoir pris illégalement le contrôle de la seule usine de papier journal du pays durant la dictature militaire. Les deux journaux avaient tout suite qualifié la procédure d’atteinte à la liberté d’expression ».
Les faits
Avant la coup d’Etat militaire, l’entreprise Papel Prensa appartenait à la famille de David Graiver. Or il décède en 1976 dans un accident d’avion dont le mystère n’a jamais été élucidé. Les suspicions se portent sur les chefs du gouvernement militaire, car ils accusent David Graiver d’être lié au groupe armé des Montoneros, fondé par la gauche péroniste.
Après sa mort, sa veuve se trouve contrainte de vendre les actions à Clarin, La Nacion et La Razon (appartenant aujourd’hui à Clarin). « J’ai été forcée de tout vendre (…) ça a été « signes ou je te tue » a dit la veuve, Lidia Papaleo. Elle a également déclaré avoir ensuite été enlevée, torturée et violée dans un centre de détention clandestin.
D’autres affirment que la signature de la vente de l’entreprise ne s’est aucunement faite sous la torture, et que l’enlèvement de Mme Papaleo n’a eut lieu que plusieurs mois plus tard.
Aujourd’hui, Clarin possède 49% de Papel Prensa, La Nacion 22% et l’Etat 28% mais le conflit entre le gouvernement de Kirchner et la direction de ces groupes de presse dure déjà depuis quelques années.
Source : AFP
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