Un véritable succès
Mafalda est le personnage principal de la bande dessinée éponyme créée par le dessinateur Quino en 1964 et qui s’est vendue à des millions d’exemplaires à travers le monde. L’auteur est Argentin, s’appelle en réalité Joaquin Salvador Lavado et a fait vivre Mafalda durant dix ans.
Le succès de Mafalda est d’autant plus remarquable que la bande déssinée a longtemps existé dans un contexte de censure et de manque total de liberté d’expression. Mais Quino a toujours su comment s’y prendre pour mettre en évidence un problème sans le dénoncer ouvertement, se protégeant ainsi de toute accusation.
Le personnage de Mafalda
Mafalda est une petite fille de 5- 6 ans, issue de la classe moyenne argentine. Elle est extrêmement curieuse et intelligente pour son âge : elle discute avec ses parents et ses amis de tous les problèmes d’actualité et de société. La bande dessinée prend parfois un caractère politique quand la petite fille s’interroge sur les grands débats du monde : la guerre, la religion ou la culture.
L’héroïne est entourée de plusieurs autres petits personnages avec des caractères très caricaturaux et des points de vue extrêmement marqués. Cette pluralité permet à Mafalda d’avoir de nombreux avis concernant les questions qu’elle se pose.
Parmi ses amis, il y a par exemple Manolito, fils de commerçant qui passe son temps à compter son argent (figure du capitalisme extrême), ou encore Susanita, petite fille n’ayant pour ambition que de devenir mère et épouse (image de la soumission aux traditions familiales). Ces personnages entourant Mafalda sont une astuce de Quino pour présenter les différents aspects de la société en les personnifiant et en leur donnant la parole. La résultat en est que Mafalda semble finalement être la plus raisonnable et la plus intègre des personnages de la bande dessinée.
Une bande dessinée pour adultes
Quino, qui était soumis au rythme quotidien de parution, a toujours privilégié les idées aux dessins. Cela explique les dessins parfois simplistes et pas toujours attrayants. Pourtant, c’est ce qui donne ce côté enfantin à l’oeuvre de Quino, contrastant avec le contenu, plutôt réservé aux adultes.
Un mélange de légèreté et de réflexion taquine donc, qui continue encore d’agiter les consciences.
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