A 85 ans, Emilio Eduardo Massera est mort hier à l’hôpital Naval de Buenos Aires, d’un arrêt cardiaque. Il était né le 19 octobre 1925 à Paraná dans la province d’Entre Rios.
Il avait intégré la junte militaire qui a destitué Isabel Perón en 1976 en tant que commandante en chef de la marine, force à laquelle appartenait la ESMA, principal centre de détention clandestin d’Argentine. C’est dans ce centre qu’ont été pratiquées de nombreuses tortures et assassinats pendant la dictature.
La mort de Massera marque la fin d’un chapitre sur l’un des épisodes les plus sinistres de l’histoire argentine : la répression et l’assassinat de milliers d’Argentins au nom du « Processus de Réorganisation National ».
Son histoire
A 17 ans il avait intégré le Commando de l’Ecole de la Marine, et à 49 ans avait atteint le grade d’Amiral. Deux ans plus tard, en 1976, il s’associe à Videla et Agosti pour former le trimvirat exécuteur du terrorisme de l’Etat.
En 1979, quatre ans avant le retour de la démocratie, Massera tente d’imposer son propre projet politique. Pour se distinguer de la direction militaire encore au pouvoir, il se met à critiquer ses anciens partenaires, créant un coup de théâtre qui le fait arrêter pendant 10 jours.
En 1983, il revient sur la scène politique et se pose candidat du Parti pour la Démocratie Sociale, mais en juin il est exclu des élections et emprisonné dans le cadre de l’affaire de la dispartition de l’entrepreneur Fernando Branca.
S’en suit une série de procès, lors desquels Massera fut accusé pour 83 homicides, 623 privations illégales de liberté, 267 applications de tortures, 102 vols, 201 falsifications de documents publics, 4 usurpations, 1 extorsion, 2 enlèvements, 1 destruction de documents, 11 enlèvements d’enfants et 7 meurtres à la suite de tortures.
Condamné à la prison à perpétuité en 1985, il est libéré en 1990, gracié par le Président argentin Carlos Menem. Il retournera en prison 8 ans après, en particulier pour une affaire de vol de bébés.
En 2002, il est interné à l’hôpital Naval de Buenos Aires à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Ironie du sort, c’est lui-même qui avait inauguré cet établissement hospitalier en 1981, alors qu’il se voyait déjà élu Président…
Source : Murió Massera, un símbolo del terrorismo de Estado de los 70

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