La présidente Cristina Fernandez de Kirchner et le gouvernement ont lancé lundi le chantier de la régulation de la possession terrienne, lors de la reprise des sessions parlementaires.
Le projet officiel s’attaque à deux thèmes particuliers : la souveraineté nationale et la nécessité de permettre à des milliers de familles d’agriculteurs d’accéder à la terre. L’Argentine devrait largement s’inspirer du modèle brésilien.
Environ 17 millions d’hectares de terres argentines sont aux mains de propriétaires étrangers, dans les zones où se concentrent les principales ressources naturelles, comme la Patagonie et les esteros del Iberá. De l’autre côté, environ 500.000 familles de paysans rencontrent des difficultés pour accéder à la terre. L’intention du gouvernement est donc de réguler la propriété de la terre. Plus de 10 propositions ont d’ores et déjà été faites au Congrès, toutes ayant pour but de défendre les zones frontalières, les ressources naturelles et éviter le monopole de quelques familles sur l’ensemble des terres, phénomène qui pénalise les petits paysans.
Indiens Mapuche, une communauté qui réclame ses terres Photo:talcahuanofotos
Selon la présidente, la future régulation argentine s’inspirera du modèle brésilien qui a posé en 2009 des limites à l’acquisition des terres et augmenté la protection des intérêts nationaux en Amazonie.
Les propositions suggèrent que les étrangers ne puissent acquérir qu’une proportion limitée d’hectares, contrairement à l’état actuel des choses où un même groupe économique peut posséder des surfaces de la taille d’un département français, comme Benetton en Patagonie. D’autres idées proposent que les personnes physiques ou juridiques non argentines ne puissent pas acquérir plus d’1/4 de la superficie d’une commune ou d’une région, ou encore qu’un étranger ne puisse pas posséder plus d’une unité de terre à son nom.
Le chantier s’annonce long et délicat. Il est nécessaire d’établir une répartition plus juste et raisonnée des terres, autant pour le bien de centaines de milliers de petits paysans que pour la nécessité de sauvegarder la souveraineté nationale des ressources naturelles. Pourtant cela ne sera pas une mince affaire car comme l’a précisé la présidente, la réforme ne doit pas avoir d’effet « anti-inversion » et faire fuir les capitaux étrangers.
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