Le portugais et l’espagnol sont les deux langues principales d’Amérique du Sud. Dans le monde des affaires ou du tourisme, ou même lors de réunions familiales inter-pays, les personnes sont amenées à parler le « portunhol » (portugnol en français) par souci de se faire bien comprendre et de comprendre, par la suite, leurs interlocuteurs.
Ce dialecte sauvage est né dans la région de la triple frontière (Argentine, Brésil, Paraguay) autour des chutes d’Iguaçu.
La zone de la triple frontière : les chutes d’Iguazu. Photo : Daniel Hardman
Le langage du portugnol s’improvise sans trop de difficultés dans la bouche de ses locuteurs. En cela, les racines latines, la grammaire et le vocabulaire des deux langues s’assemblent volontiers pour se faire entendre.
Cette langue a été à la base d’un petit mouvement littéraire dont le roman du Brésilien Wilson Bueno (1949-2010) intitulé « Mar Paraguayo » (Mer du Paraguay). De nombreux poètes s’essayent aussi aux vers en portugnol.
Selon le sociologue argentin Nestors Perlongher : « L’effet du portunhol, avec ses caprices et ses écarts, est immédiatement poétique. Il y a entre les deux langues un vacillement, une tension et une oscillation permanents - l’une est « l’erreur » de l’autre- où tout devient possible et improbable. »
Source : « La langue de la triple frontière »
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