La voix de La Yegros (prononcer la « Shegroos » en Argentin) nous rappelle ses racines littorales. Mariana Yegros, de son vrai nom, est ainsi la première dame de la maison de disque ZZK Records, et apporte une énergie qui revigore les scènes de la World Music. Elle chante de la Cumbia, elle fait un clip délirant avec un refrain entraînant (single « Viene de Mi »), elle met le feu aux nuits zébrées de Radio Nova à Paris, elle chante espagnol, vient d’Argentine, et commence à être (assez) connue en Europe… Tant de raisons pour être fan, et pour la faire connaître !
Source - Photo : epiclectic
Qui est la Yegros exactement ?
Mariana Yegros a grandi à Morón, dans la grande banlieue de Buenos Aires. Elle raconte : «Enfant, j’adorais chanter et j’étais fascinée par Tina Turner, avec son côté animal. Je rêvais d’être célèbre et de chanter dans des stades…» Le milieu familial (père ouvrier, mère institutrice) se charge de faire revenir la gamine sur terre. «On me disait que, pour percer dans la musique, il fallait de l’argent et des connexions. Je n’avais ni l’un ni l’autre.»
A l’adolescence, elle entre au conservatoire de sa ville pour étudier le chant lyrique. «Je n’aspirais pas à être une diva d’opéra, mais l’enseignement était de qualité et gratuit.» Un ami la pousse à se présenter à un casting pour un spectacle de La Guardia, troupe de théâtre d’avant-garde, dans le sillage des Catalans de la Fura dels Baus, qui révolutionne la scène argentine dans les années 80′. D’une scission naîtra Fuerza Bruta. Mariana Yegros découvre alors une émotion inconnue : «Des rythmiques barbares, tribales, qui prenaient aux tripes. J’avais trouvé ma voie.»
Puis, elle écoute pour la première fois les expériences de cumbia electro de « Dick el Demasiado » (un bricoleur fou qui opère les premières fusions entre la musique paysanne de Colombie et l’ordinateur). De retour à Buenos Aires, elle croise Dick el Demasiado qui lui propose de faire deux interventions dans son show : « Tu chantes ce que tu veux, dans la tenue que tu veux. » lui dit-il. «J’ai sorti mes fringues les plus délirantes, des colliers de chien à pointes en plastique fluo, une robe ultramini, des chaussures à plateforme sur lesquelles je tenais à peine, et je me suis lancée.» C’est le bon moment pour elle. Son premier succès, Trocitos de Madera («petits bouts de bois»), raconte une bien étrange histoire. «Un jour, un ami nous appelle : « Allumez la télé, il y a une info démente. » En effet, à Misiones, la province d’où viennent mes parents, une petite fille pleurait des morceaux de bois ! Le fou rire nous a occupés toute la journée et, avec Gaby, on a imaginé une petite chanson.»
Viene de mi, l’album, propose une formule riche en sons rustiques (percussions, accordéon), avec des tempos ralentis qui font merveille sur les pistes de danse. La cumbia y fait bon ménage avec les rythmes du folklore argentin tels que le chamamé. Sur El Bendito par exemple, il y a un hommage à la culture Guaraní du Litoral, la région du nord argentin baignée par les fleuves Uruguay et Paraná. La Yegros résume ainsi sa mission qu’elle a réussi : «Chanter des chansons d’amour non conventionnelles et faire danser ceux qui les écoutent.»
La Yegros est une des révélations de la nouvelle vague de la « Cumbia Electrónica ». Mais sa musique ?
Cette artiste revisite le folklore colombien à la sauce electro. La Yegros combine des rythmes traditionnels de la forêt du Nord-Est de l’Argentine, une musique relativement méconnue à l’oreille mondiale, et un style urbain influencé par le fait d’avoir vécu et de vivre dans une ville cosmopolite telle que Buenos Aires. Cependant, La Yegros n’est pas précisément une artiste nouvelle. Elle a joué sur des scènes très importantes du monde comme le Central Park Summerstage et le Roskilde Festival au Danemark.
Son projet « solo » est produit par Gaby Kerpel, aussi connu sous le nom de King Coya, qui a entre autres écrit la bande son des productions internationales : Fuerza Bruta et De La Guarda. Cette nouvelle aventure en solo, Viene de mí, fut éditée par ZZK Records, la maison de disque et maison de production argentine avec un « background » de plus de 150 concerts dans 70 villes du monde, en à peine 4 ans d’existence. Cette maison de disque est une marque mondialement connue pour être l’usine génératrice du mouvement de la « Nouvelle Cumbia » et du folklore numérique.
Pour écouter son single «Viene de Mi» : Ici
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