Souriez, vous êtes filmés ! Eh oui, en Argentine, face à une évasion fiscale forte, les autorités ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Cette nouvelle arme secrète, c’est le drone, très en vogue en ce moment et au dernier cri de la technologie. Voici quelques explications :
Une technologie très à la mode - Wikipedia
Le système Mesi
Le problème à résoudre était le suivant : l’Argentine est le lieu de nombreuses fraudes fiscales : que ce soit dans les villas ou dans les banlieues huppées de Buenos Aires, beaucoup d’Argentins ne déclarent pas leur construction pour éviter de payer l’impôt dessus. L’ARBA (Administration Fiscale de la Province de Buenos Aires) a donc décidé de réfléchir à un procédé pour punir les riches argentins tentés par cette fraude fiscale (évidemment les constructions non déclarées des villas miserias ne sont pas dans la ligne de mire du procédé). C’est ainsi que le système Mesi a vu le jour.
Le principe est simple : des drones sont envoyés pour survoler et bombarder de photos les zones suspectés de fraudes. La précision de ces appareils est mortelle : à 800 mètres d’altitude, la machine serait capable de lire les gros titres d’un journal au sol, autant dire que pas un cm² de terrain construit illégalement ne saura rester impuni ! Pour faire ses mesures, le drone peut ainsi voler jusqu’à 2000 mètres d’altitude pour éviter d’être attaqué à coup de fusil par exemple, bien que d’après l’ARBA, de telles attaques ne se soit jamais produites. Une fois les informations collectées, il ne reste plus qu’à comparer leur contenu avec les registres cadastraux pour déceler les fraudes.
Le système est également utilisé pour traquer les grands propriétaires terriens qui refuseraient de déclarer la totalité de leur récolte. Avec ses plaines parmi les plus fertiles du monde, l’Argentine est un véritable grenier (surtout de soja et de maïs !) et la tentation de la fraude est forte pour les exploitants. Avec ce système capable d’identifier sans problème le type de culture, il suffit de photographier le champs avant et après la récolte pour connaître les quantités que doit déclarer son propriétaire.
Mis en service en février, le système a déjà identifié 120.000 fraudeurs, et rapporté plusieurs millions de dollars, de quoi rembourser les drones utilisés dans le dispositif. Eh oui ! Le petit bijou technologique, s’il pèse moins d’un kilo, coûte la bagatelle de 40.000 dollars.
Big Brother ou solution efficace trouvée contre la fraude dans un pays aux inégalités fortes, le débat est ouvert !
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